Dix mois à Montréal (Ca)

Ma belle. Ma douce Montréal.

Tu m’as enveloppée de ton grand manteau blanc. Froide à l’extérieur, mais tellement chaude à l’intérieur. Tu m’as pris aux tripes ma belle. Quand je pense à toi, voilà, je ne sais pas par où commencer. Tu es à la fois calme, facile à vivre, mais en même temps tellement rythmée. Rentrer des courses et s’asseoir pour observer des acrobates, rentrer du boulot et regarder un film sur tes belles façades. Ou bien se balader un week-end et voir une piste en terre pour bmx en pleine rue. Tu es comme ça en fait, imprévisible. J’ai observé tes courbes pendant 4 saisons Je sens encore cette odeur de neige. Je la vois tomber de mon bureau, putain, c’est tellement beau. On dirait qu’ici la neige est reine. Faire du patin au vieux port, manger des queues de castors, se dandiner au rythme du festival des lumières, et avoir chaud dans le métro. Et puis, il y’a la sloch. Tu reprends des couleurs, des feuilles. On festoie dans une cabane à sucre. On se pète le ventre de sirop d’érable, de lards, de fayots et d’oreilles de crisse. Les terrasses s’installent, les gens affluent dans les rues, et tu nous gâtes en festivals. C’est fou, mais je ne te reconnais pas. Tu n’es pas plus belle, non, tu es juste différente. Un vent de folie envahit la ville. Une excitation enivrante qui me prend au cœur. Et là, y’a les bixis. Je sillonne tes ruelles colorées, tes maisonnettes typiques. Je passe d’un quartier à un autre, d’un street art à un autre. On dirait que tous les chefs d’œuvres du monde sont sur tes murs, et je m’étonne toujours d’en découvrir sans cesse de nouveau. T’es tellement inspirante. Dans les rues ça sent bon l’orient, l’occident, l’Amérique, le bagel, et le hotdog grillé au Barbecue au parc Lafontaine. J’entends au loin les tamtams du Mont Royal. Je ris là, parce que je repense au mec, ledit « Mr Biscoto », torse à l’air, fier comme un coq, tapant sur des barils, d’un air convaincu, possédé je dirais même plus, complètement hors rythme, mais persuadé d’attirer là toutes les femmes se baladant dans sa cour. Quel Été à tes côtés ! Puis finalement, les paysages de carte postale, le cliché même de ta petite bouille. L’été indien. Les feuilles orange, rouge, jaune, verte. Là, tu m’as scotché, je reste sans mot. Tu as tout pour toi ma belle. Surtout, ne bouge pas.